LETTRE OUVERTE

Permettez-moi d’abord de me présenter. Je me nomme Marie-Ève Chartrand, élève à l’École secondaire catholique de Casselman, fière Franco-Ontarienne, présidente de la FESFO et future étudiante en développement international. Pour moi et pour plusieurs jeunes engagés dans la francophonie, il est impensable de poursuivre nos études secondaires dans une langue autre que le français. Notre engagement, notre fierté et notre sens du devoir sont réellement ancrés dans la francophonie ontarienne. Pourtant, le passage au postsecondaire est un moment de réflexion et parfois de déchirement pour plusieurs jeunes du secondaire. Nous avons à choisir le programme dans lequel nous allons nous inscrire au postsecondaire, un choix qui façonnera notre vie d’adulte et nos carrières.

À ce choix difficile s’ajoute un second : celui à savoir si nous étudierons en français ou en anglais. Si une importante partie de mes collègues de classe souhaitent poursuivre leurs études en français, la réalité est que seulement 22 % des programmes postsecondaires sont disponibles dans notre langue en Ontario. Cette réalité fait en sorte que seulement 54 % des jeunes francophones s’inscriront à un programme collégial ou universitaire de langue française après la 12e année[1] ! À mon avis, ce bas taux de rétention de nos jeunes entre le secondaire et le postsecondaire en français est quelque chose qui nécessite l’attention de toute la communauté franco-ontarienne.

Pourquoi tant de jeunes ne s’inscrivent-ils pas au postsecondaire en français ? Comme nous l’avons entendu l’automne dernier lors des consultations régionales et jeunesses des États généraux sur le postsecondaire en Ontario français, les facteurs qui influencent les choix postsecondaires des jeunes sont nombreux. Le manque d’accès à des programmes en français dans plusieurs domaines, des régions peu ou pas desservies par nos institutions francophones et bilingues, un manque d’information dans les écoles pour les élèves et les parents face aux options postsecondaires de langue française, des insuffisances dans le système d’aide financière, l’insécurité linguistique de certains jeunes, de même que la réputation des programmes sont toutes des considérations importantes qui mènent les jeunes à choisir ou non un programme en français.

Ainsi, si nous tenons à retenir nos jeunes au sein de programmes postsecondaires en français, il est essentiel de leur offrir des programmes de qualité, où tous les cours sont disponibles en français, sur des campus qui nous ressemblent et qui valorisent notre langue et nos cultures francophones. C’est la raison pour laquelle je crois à la création d’une université de langue française en Ontario comme moyen pour améliorer la rétention de nos jeunes au sein de programmes en français. D’ailleurs, les 250 jeunes que notre fédération a consultés l’année dernière ont affirmé haut et fort que la création d’une université franco-ontarienne était la suite logique de leur parcours éducationnel, une suite à laquelle ils et elles avaient droit.

Si, comme moi, vous croyez qu’il est essentiel de développer une stratégie collective pour mieux retenir nos jeunes au sein de nos programmes postsecondaires de langue française, je vous encourage à vous joindre à moi du 3 au 5 octobre à Toronto pour le Sommet provincial des États généraux sur le postsecondaire en Ontario français (etatsgeneraux.ca). Nous avons fait d’extraordinaires avancées ces dernières décennies dans le domaine de l’éducation en Ontario français et à mon avis, avec l’appui de la jeunesse franco-ontarienne, nous sommes prêts à en faire d’autres.

Marie-Ève Chartrand est présidente de la Fédération de la jeunesse franco-ontarienne, l’organisme porte-parole des 25 000 élèves du secondaire franco-ontarien.

Pour plus d’informations :

Andrée Newell,
Directrice générale
Fédération de la jeunesse franco-ontarienne
communications@fesfo.ca
613.260.8055